Plan de lutte contre la prolifération des algues vertes : une stratégie aux effets positifs qui atteint désormais un palier

À l’occasion d’une session extraordinaire du Conseil régional, les élus ont pris connaissance des conclusions de la première enquête de suivi réalisée par la Cour des comptes et la Chambre régionale des comptes sur la politique de lutte contre les algues vertes. Quinze ans après le lancement du premier Plan de lutte contre les algues vertes (PLAV), cette évaluation confirme les avancées obtenues en matière de reconquête de la qualité de l’eau, les concentrations de nitrates dans les 8 baies ayant diminué en moyenne de 45% depuis 2000. Pour autant, le ralentissement de cette dynamique et la persistance des échouages montrent que cette stratégie a atteint un palier.

Des avancées réelles pour réduire les nitrates et accélérer les transitions

S’inscrivant dans la continuité des deux premiers PLAV, le PLAV 3, mis en œuvre depuis 2022 et jusqu’en 2027 se donne pour objectif de réduire durablement les flux d’azote dans les huit baies sableuses concernées, en accompagnant l’évolution des systèmes agricoles.
 
Le PLAV repose sur une mobilisation collective associant l’État, la Région Bretagne, les collectivités locales, les acteurs agricoles et les associations environnementales. L’État y exerce un rôle central en assurant le pilotage général du programme et en mobilisant les principaux leviers réglementaires et financiers, notamment les mesures agro-environnementales et climatiques de la Politique agricole commune (PAC) ainsi que la mise en œuvre des Zones soumises à contraintes environnementales (ZSCE). Il reste également compétent pour les dispositifs liés au foncier, au contrôle des structures agricoles, à la réglementation environnementale.

La Région Bretagne, pleinement mobilisée

Malgré la reprise en main par l’Etat de plusieurs dispositifs d’accompagnement, la Région Bretagne a fait le choix de maintenir une implication forte au sein du PLAV3. À mi-parcours du plan, elle a déjà mobilisé plus de 5,5M€ d’euros pour accompagner les agriculteurs : renouvellement des générations, adaptation des systèmes de production, préservation du bocage, accès au foncier…
 
Depuis le début du PLAV 3, 336 km de haies et de talus ont été restaurés dans les huit baies concernées. Sur le même secteur, la Région a également soutenu 206 contrats de transition agroécologique, accompagné plus de 200 exploitations dans l’évolution de leurs pratiques, et financé 68 projets d’investissements agricoles favorisant des systèmes plus résilients. Près de 400 hectares d’échanges parcellaires ont été réalisés et plus d’1 M€ ont été consacrés au développement de filières agricoles de diversification.

Pour la Région, la lutte contre les algues vertes ne peut être dissociée d’un accompagnement massif d’une transition durable de l’agriculture.

Une nouvelle étape qui reste à construire

Pour le Président de la Région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard, le moment est venu de construire une nouvelle étape dans la lutte contre les algues vertes: “Nous devons à la fois reconnaître le chemin parcouru et exiger un changement de méthode. L’étape qui doit s’ouvrir doit être plus ambitieuse mais aussi plus décentralisée. Si nous voulons aller plus loin, il faudra donner à la Région Bretagne et aux territoires les responsabilités et les moyens d’agir, notamment via la prochaine PAC.

Je pense aussi au sujet des vasières qui concentrent la grande majorité des échouages, et qui est aujourd’hui un angle mort du PLAV. Ma conviction, c’est que les solutions efficaces existent; elles naissent sur le terrain, au plus près des bassins versants.”

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