La session du 2 avril en bref

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Réunis de manière exceptionnelle à Dinan en session plénière, les 83 élus régionaux ont adopté les principes majeurs du développement futur des territoires bretons, face aux exigences climatiques et environnementales dans le cadre de la modification du SRADDET. Prenant à bras-le-corps l’objectif de neutralité carbone en 2050, la Région entend construire une Bretagne qui anticipe, protège les Bretonnes et les Bretons, et accueillent de nouveaux projets sans renoncer à ce qui fait sa force.

Crédit photo : Mathieu Le Gall

Modification du SRADDET

Adopté dès 2020, le SRADDET (Schéma Régional d’Aménagement, de Développement Durable et d’Egalité des Territoires) constitue la feuille de route stratégique de la Bretagne pour organiser son développement à long terme. Les enjeux sociaux, environnementaux et économiques sont donc immenses, puisque c’est la Bretagne de 2050 qui se dessine dans cette nouvelle version du schéma soumise au vote des élus. Si cette mise à jour du SRADDET vise à intégrer les évolutions législatives récentes, elle anticipe aussi les équilibres de demain.

« Ni résignation, ni perte de temps. Nous pourrions, comme d’autres ici et ailleurs, décider de faire l’autruche et laisser aux futures générations un avenir plus dur, plus incertain. Avec une Région stratège, nous choisissons de nous confronter à l’ampleur de ces défis et à garder notre liberté pour subir le moins possible la marche du monde. Nous les relèverons collectivement, en faisant preuve d’initiative et d’enthousiasme. » Loïg Chesnais-Girard, Président de la Région Bretagne

Quatre grands domaines d’intervention sont concernés : le climat et l’énergie, les déchets, l’artificialisation des sols et la biodiversité.

Cette mise à jour du SRADDET vise à se mettre en cohérence avec les nouveaux objectifs français et européens en proposant une contribution de la Bretagne à la neutralité carbone nationale d’ici 2050. Cette nouvelle trajectoire prévoit de diviser par 4,5 les émissions de gaz à effet de serre en 2050 par rapport à 2015, soit une baisse moyenne supérieure à 4% par an.

Le secteur des transports (près de 10 millions de déplacements de moins de 80 km/jour en Bretagne) représente à lui seul 50 % des émissions énergétiques du territoire, largement dominé par l’usage de la voiture individuelle. Une transformation considérable s’impose ; elle suppose non seulement la décarbonation des véhicules mais aussi une évolution des comportements, une montée en puissance des transports collectifs et un aménagement du territoire repensé.

L’agriculture, qui représente une part importante de ces émissions de gaz à effet de serre, devra se mettre en cohérence avec les objectifs de la stratégie nationale bas carbone. Mais cet impératif doit tenir compte d’une autre réalité, essentielle, elle aussi : la Bretagne est un pilier de la souveraineté agricole française et européenne. La Région affirme donc une ligne politique claire : diminuer les émissions de l’agriculture bretonne sans affaiblir sa capacité productive, en accompagnant les exploitations dans leurs investissements.

Autre impératif, qui va de pair : augmenter la part de production d’énergies renouvelables sur le territoire pour sortir progressivement de la dépendance aux énergies fossiles, gagner en autonomie énergétique (20% à ce jour) et remporter la bataille du pouvoir d’achat.

La Bretagne ambitionne donc de multiplier par 3,7 sa production d’ici 2040 par rapport à 2023. Cet effort concerne l’éolien terrestre et en mer (1/3 du littoral français est breton), le photovoltaïque mais aussi, à plus long terme, l’hydrogène et la chaleur renouvelable.

Qui dit production, dit aussi, en parallèle, maîtrise des consommations, à travers notamment la rénovation énergétique de nombreux bâtiments publics et privés.

Une première priorité est à mettre en œuvre : la réduction des déchets résiduels. L’enjeu est d’atteindre un équilibre entre besoins et capacités à l’horizon 2030-2040, permettant une autonomie régionale.

Pour ce faire, il est nécessaire d’anticiper les stocks à gérer et leur évolution, de prévoir les structures adéquates de traitement et de valorisation, tout en maintenant des objectifs à la baisse.

La Région privilégie une gestion de proximité fondée sur les principes de prévention, réutilisation, recyclage, puis traitement. Elle propose, à ce titre, une coopération renforcée, associant collectivités et opérateurs, afin d’assurer un suivi continu et d’adapter les choix en fonction des résultats observés.i

Le foncier, en général, et les terres agricoles, en particulier, constituent des ressources inestimables dans le monde à venir. Le Zéro Artificialisation Nette (ZAN) fixe, par la loi, une limite ambitieuse en la matière : réduire de 50 % la consommation de terres en Bretagne d’ici à 2031.

Dans ce contexte, la Région réaffirme deux principes essentiels : le respect du ZAN et la solidarité territoriale. Certains projets d’intérêt collectif – infrastructures, équipements, activités économiques – nécessitent du foncier. Pour éviter de pénaliser les territoires qui les accueillent, une mutualisation de la consommation foncière s’organise, permettant de répartir équitablement les efforts, tout en maintenant la capacité de développement économique pour tous les territoires, dans leur diversité.

Autre richesse de la Bretagne : la diversité de sa biodiversité, malheureusement confrontée à la fragmentation croissante des écosystèmes. La Région s’est fixée comme priorité de renforcer ses actions en faveur de la trame verte et bleue qui vise à maintenir les continuités écologiques.

L’objectif est de permettre la circulation des espèces et donc de préserver leur cycle de vie et de reproduction. Certaines infrastructures ou aménagements peuvent par exemple bloquer les
déplacements d’animaux : les clôtures enterrées ou trop basses empêchent le passage des petits mammifères et des amphibiens, les clôtures hautes celui de la grande faune.

La protection des habitats naturels sera donc encouragée, à travers notamment l’animation des réserves naturelles régionales comme celles créées à Guissény et à la Poterie (Lamballe-Armor), fin 2025.

L’approche se veut pragmatique : agir concrètement sur les causes de l’érosion de la biodiversité, en intégrant ces enjeux dans les politiques d’aménagement.

Premier Plan de Transition Bas Carbone (PTBC) pour la Région

Accélérer les transitions en interne et dans ses interventions

Le plan de transition bas carbone, adossé à un bilan des émissions de gaz à effet de serre (BEGES), relève d’une obligation réglementaire à laquelle toute collectivité de plus de 50 000 habitants doit désormais répondre. Ce document recense les outils existants et les initiatives déjà engagées par la Région en matière de décarbonation, dans l’exercice de ses compétences mais aussi dans la gestion de son patrimoine et le fonctionnement de ses services. L’enjeu, désormais, est de consolider et renforcer ces processus de transitions pour bâtir un modèle d’action publique décarboné à horizon 2050.

Au-delà du fonctionnement interne de la Région, le PTBC pose la façon d’accélérer
les transitions dans les principaux domaines d’intervention de la Région : mobilités, ports et aéroports, canaux, travaux immobiliers et alimentation dans les lycées…

Éco-référentiel des lycées publics bretons 2026-2028

Pour un bâti éducatif exemplaire, sobre et durable

Ce document de référence, qui encadre depuis 2010 les opérations de construction et rénovation du bâti des lycées (orientation, lumière naturelle, matériaux biosourcés, production d’énergie solaire…), se devait d’être mis à jour compte tenu de l’accélération du changement climatique, de nouvelles réglementations et de la volonté régionale d’être exemplaire en matière de transition écologique et énergétique.

L’éco-référentiel constitue un socle commun de référence pour l’ensemble des acteurs intervenant dans les projets immobiliers des lycées : services de la Région, SemBreizh à la maîtrise d’ouvrage déléguée, architectes et concepteurs, entreprises du bâtiment…

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