Municipales – réaction du Président Loïg Chesnais-Girard : « Les confusions politiques ont un prix »

Le Président de Région tire les leçons du second tour des municipales pour la gauche, pour la Bretagne et pour la France. Montée de l’abstention, rapprochements droite – extrême droite, échec des alliances à gauche avec LFI … « Quand les lignes se brouillent, les électeurs s’éloignent », relève Loïg Chesnais-Girard, qui appelle les partis nationaux à « se remettre en question pour reconstruire la confiance ».

« Je veux tout d’abord adresser mes félicitations à l’ensemble des maires élus.

S’engager pour sa commune aujourd’hui demande du courage et une véritable exigence. Je leur souhaite pleine réussite dans leur mandat.

Les résultats de ce scrutin appellent à regarder les choses avec sérieux. La gauche locale tient, en Bretagne comme ailleurs. Je pense notamment à Jean-Paul Vermot à Morlaix, Isabelle Assih à Quimper , Nathalie Appéré à Rennes, mais aussi à Michaël Quernez à Quimperlé, à Anne Gallo-Kerleau à Saint-Avé, à Fanny Chappé à Paimpol ou encore à Arnaud Lecuyer à Saint-Pôtan près de Dinan. Ces quatre derniers maires comptent parmi mes très proches à la Région : ils ont été réélus, la plupart largement, dans leurs villes respectives.

Mais il y a aussi des faits que nous aurions tort d’ignorer.

Une partie de nos concitoyens s’éloigne des urnes. L’abstention progresse, même dans nos communes. C’est un avertissement. Et il faut le dire : une partie du débat politique national, les postures, les outrances, finissent par décourager.

Une partie de la gauche a pu donner le sentiment de s’écarter du réel, d’être davantage dans l’injonction que dans l’écoute. Cela crée de la distance. Mais la réponse ne peut pas être de courir derrière une droite qui flatte les peurs, qui simplifie à l’excès et qui détourne le regard des défis majeurs, comme le changement climatique ou le vieillissement de la population. Entre les leçons et les illusions, les Français ne choisissent pas. Ils se détournent de la vie publique.

Cette élection montre aussi que les confusions politiques ont un prix. Quand les lignes se brouillent, les électeurs s’éloignent. On le voit à Brest, où l’alliance avec LFI n’a définitivement pas été comprise. On le voit à Lorient, avec une fusion de second tour au terme de semaines d’affrontement. Les habitants ne s’y retrouvent plus.

Et puis, il y a des frontières qui ont été franchies. Je pense notamment aux rapprochements entre la droite et l’extrême droite, que l’on perçoit un peu partout dans notre pays. Celles et ceux qui font ce choix portent une responsabilité lourde pour la suite.

Dans le même temps, et c’est un fait nouveau en Bretagne, des élus du Rassemblement national font leur entrée dans plusieurs conseils municipaux. Nous ne sommes plus à l’écart des tensions qui traversent le pays.

En tant que Président de Région, je continuerai à travailler avec tous les maires, sans distinction. La Bretagne a toujours avancé quand elle a su se rassembler sur l’essentiel. C’est cette force qu’il faut préserver.

Dans les mois qui viennent, les partis nationaux devront se remettre en question. Profondément. S’ils ne le font pas, ils laisseront le champ libre au Rassemblement national pour la présidentielle. Dans notre pays, la confiance s’est abîmée. Il faut la reconstruire, par la clarté et par les actes. Cela commence par écouter davantage le terrain, avoir plus de reconnaissance pour les habitants et les habitantes. Je prendrai toute ma part dans ce travail.»

Loïg Chesnais-Girard, Président de la Région Bretagne.

Partager :