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« En 2026, continuons ensemble à faire rayonner la Bretagne » 

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Serveuse, ostréiculteur, étudiant, cheffe d’entreprise, présidente d’association… ils et elles avaient rendez-vous avec le président de la Région au restaurant Pépites !, à Rennes, pour parler du présent et de l’avenir de la Bretagne. En composant eux-mêmes le menu de la discussion (article publié dans l’édition hiver 2026 du magazine B).

crédit : Nicolas Joubard

Nadine Bertholom-Cotten, cheffe d’entreprise : Notre atelier se trouve à Trégunc, près de Concarneau. C’est très touristique et nos salariés ont beaucoup de mal à se loger. Cela peut devenir un problème pour nous, s’ils finissent par aller voir ailleurs. Que peut faire la Région ? 

Le manque de logement est effectivement l’un des principaux freins au développement de nos territoires. Ce n’est pas le métier de la Région, mais plutôt celui des maires. Nous agissons en complément, par exemple en achetant des terrains à l’abandon dans des endroits stratégiques. Une fois nettoyés, nous les mettons à disposition des mairies pour la construction de programmes immobiliers pour celles et ceux qui ont besoin de logement. 

N. B.-C. : Les entreprises également peuvent avoir besoin de terrains pour s’agrandir…  

Si nous voulons que la Bretagne reste la grande région agricole qu’elle est, nous ne pouvons plus continuer à grignoter nos champs comme par le passé. Cela ne veut pas dire qu’on arrête tout mais qu’on se donne des limites à ne pas dépasser. Pour les 15 à 20 prochaines années, on limitera l’extension des industries à 1 000 hectares sur l’ensemble du territoire. Ça laisse à nos entrepreneurs le temps de voir venir. 

Adrien Legris, ostréiculteur : La Bretagne et la mer, c’est une grande histoire. Que faites-vous, avec l’État, pour garantir la qualité de nos eaux côtières ? 

La pression sur l’eau est très importante, avec l’accroissement de notre population, l’afflux des touristes et le succès de notre agriculture. Cela fait presque 30 ans que l’on travaille avec nos agriculteurs pour limiter les algues vertes. En treize ans, la teneur en nitrates a baissé de 21 à 30% dans les bassins versants des baies algues vertes. Mais l’agriculture n’est pas seule en cause : nous devons toutes et tous prendre conscience de la rareté de cette ressource et agir en conséquence, par exemple en renforçant nos systèmes d’épuration. 

Vincent Cottard, étudiant en journalisme : Comment aider les jeunes à trouver plus facilement leur voie professionnelle ? 

Plus facilement et surtout plus tôt ! On a peur que les jeunes quittent trop tôt la filière générale si on leur parle des métiers dès le collège, mais il faut rassurer les parents. Aujourd’hui, on peut faire de très belles carrières et s’épanouir en passant par la voie professionnelle. C’est pourquoi il faut rendre les métiers visibles. Nous le faisons sur notre plateforme Idéo, avec des dizaines de portraits de jeunes professionnels.

A. L. : Si nous voulons que des jeunes choisissent les métiers de l’agriculture et de la mer, nous devons affirmer que nous sommes un territoire de production. Est-ce que la Région s’en préoccupe ? 

Oui, nous sommes un territoire de production et nous sommes fiers de nos produits, souvent remarquables. Il faut défendre cette qualité et cette diversité dans nos cuisines. Et ce, dès l’enfance : on n’oublie jamais ce qu’on a mangé à la cantine ! La Région a son rôle à jouer puisque nous servons chaque année 9 millions de repas dans nos 116 lycées publics. Nos chefs et leurs équipes font un travail formidable en servant davantage de produits bretons sous label de qualité.  

Amina Mahr Zhoock, serveuse : J’ai un bac pro et déjà quelques années de carrière dans la restauration. À 27 ans, j’aimerais changer de métier et devenir peintre en bâtiment. La Région peut-elle m’aider ? 

Pour se former tout au long de la vie, on peut utiliser les droits que l’on a acquis dans ses emplois successifs ou on peut solliciter une aide au titre d’un statut particulier, par exemple demandeur d’emploi. La Région finance de nombreux programmes pour accompagner les reconversions et la formation des adultes. Il faut s’adresser aux points accueil-emploi, aux missions locales ou directement aux centres de formation concernés. Dans votre cas, je suis sûr qu’il existe une solution. 

A. M. Z. : Ma deuxième question concerne les personnes qui sont sorties de l’école sans diplôme et qui se retrouvent condamnées à faire des petits boulots. Qu’y a-t-il pour elles ? 

C’est un vrai sujet car, à la suite du COVID, beaucoup de jeunes ont décroché et sont sortis du système scolaire sans diplôme. Il y a des accompagnements spécifiques. La Région les aide, y compris en leur apportant un soutien financier pendant qu’ils sont en formation. Donc n’hésitez pas à dire aux jeunes autour de vous : si vous avez envie de bosser, on va vous trouver le chemin qui va bien, quel que soit le niveau où vous vous êtes arrêtés. On manque de monde partout en Bretagne !  

Sandrine Jean, présidente d’association : Comment la Région accompagne-t-elle les associations ? On ne sait pas vraiment où s’adresser…  

Le premier niveau de contact, ce sont les mairies. Elles répondent tous les jours aux besoins de salles, de matériel ou de subventions de nos milliers d’associations. Les Départements et la Région soutiennent celles qui interviennent à leur échelle et relaient leurs missions. Les Blouses Roses [l’association de Sandrine Jean, NDLR], c’est le soin et la santé et donc plutôt les Départements. Mais la Région accompagne notamment la formation des bénévoles, y compris les dirigeants. 

V. C. : Pourquoi ne peut-on pas utiliser partout sa carte KorriGo ? 

Merci de parler de KorriGo. C’est LA carte des transports en Bretagne. Il y en a déjà 700 000 en circulation. Elle sert notamment à prendre le train, le car, le bateau ou le métro. Toutes les collectivités de Bretagne ne l’ont pas encore mise en place parce que c’est un peu technique pour remplacer les outils existants. Mais un jour, les Bretonnes et les Bretons qui auront un abonnement mensuel pourront l’utiliser pour aller à l’école ou au bureau en semaine et à la plage le week-end ! 

N. B.-C. : C’est à tout ça que va servir le nouveau versement mobilité demandé aux entreprises ?  

Oui cela va permettre, entre autres, de faire rouler plus de trains. Je sais que c’est douloureux pour nos entreprises, puisque cela va leur coûter entre 1 et 2 euros par salarié et par mois. Personnellement, je préférerais faire payer les touristes, à la nuitée, mais pour l’instant, nous n’avons pas cette possibilité. Je voudrais rappeler que nous avons une grande chance en Bretagne : nous ne payons pas l’autoroute. Mais malgré l’absence de ressources des péages, la Région continue d’investir. Nous finissons actuellement de mettre en quatre voies la RN 164, près de Rostrenen.  

V. C. : Autour de moi, beaucoup d’étudiants ne sont pas originaires de Bretagne. Comment les inciter à rester après leurs études ? 

C’est le cœur de notre stratégie : faire que le maximum de jeunes talents aient envie de s’établir en Bretagne et d’y rester. C’est très bien aussi que les jeunes Bretonnes et Bretons partent à la découverte du monde, comme ils le font depuis des générations. Surtout s’ils reviennent après 5, 10 ou 20 ans, riches de leur parcours. C’est cette image de la Bretagne, dynamique et accueillante, que nous défendons. Être breton, c’est partager cette façon d’être.

S. J. : Pour ma part, je suis arrivée en Bretagne il y a 17 ans et je suis piquée.

Et vous êtes bénévole ! L’expérience de vie bretonne n’existerait pas sans nos bénévoles. Regardez ce que nous avons sur nos territoires tous les week-ends : les festivals, les fest-noz, les compétitions sportives… Les bénévoles donnent plus que des millions d’heures à la Bretagne : ils lui donnent son supplément d’âme. D’ailleurs, c’est tout ce que je souhaite aux Bretonnes et aux Bretons, pour 2026 : être heureux dans leur belle Région et continuer de la faire rayonner par leur esprit d’entreprise et d’ouverture.

En images

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Crédit : Nicolas Joubard
Amina Mahr Zhoock
Serveuse au restaurant Pépites ! à Rennes (Ille-et-Vilaine). Elle a de nombreux projets, dont celui de devenir peintre en bâtiment.
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Crédit : Nicolas Joubard
Sandrine Jean
Présidente du Comité Blouses Roses de Rennes (Ille-et-Vilaine). Les bénévoles de cette association contribuent au mieux-être des personnes malades, handicapées ou âgées en organisant des animations sur leur lieu de vie (hôpital, EHPAD, service de soins…).
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Crédit : Nicolas Joubard
Adrien Legris
Ostréiculteur dans l’archipel des îles de LiliaAber Wrac’h, à Plouguerneau (Finistère). Ses huîtres creuses ont obtenu de nombreuses distinctions, dont un « doublé en or » au Concours Général Agricole de Paris en 2024.
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Crédit : Nicolas Joubard
Nadine Bertholom-Cotten
Directrice de l’entreprise Guy Cotten, à Trégunc (Finistère). On y fabrique depuis 1964 des vêtements et équipements de protection pour la mer, l’agriculture et l’industrie, dont les célèbres cirés jaunes.
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Crédit : Nicolas Joubard
Vincent Cottard
Étudiant en 3e année de journalisme à l’IUT de Lannion (Côtes d’Armor). Il s’oriente vers le journalisme politique et s’apprête à réaliser un stage dans une radio locale pour couvrir les prochaines élections municipales. 
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Crédit : Nicolas Joubard
Loïg Chesnais-Girard
Le président de Région échange avec les participantes et participants.

Découvrez l’intégralité de l’échange en vidéo

Un restaurant Pépites !

Ouvert en 2023, avec notamment le soutien de la Région, le restaurant Pépites ! donne une saveur nouvelle à la pause déjeuner dans le quartier rennais de Maurepas Gros Chêne. Société coopérative et entreprise d’insertion, Pépites ! marie produits locaux et influences du monde dans une ambiance conviviale. 

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