Pacte biogazier breton
Une stratégie collective au service de la transition énergétique

Dans le prolongement du Pacte électrique adopté en décembre 2010, le Pacte biogazier vient aujourd’hui sceller les nouveaux engagements de l’Etat, la Région, l’Ademe, GRDF, GRTgaz et du Pôle Energie Bretagne. L’enjeu : donner toute sa place au gaz, et en particulier au gaz renouvelable, dans le mix énergétique breton afin d’accélérer la transition énergétique de la Bretagne et réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Le Pacte biogazier a été signé par les partenaires le 12 septembre 2019 à Rennes, à l'occasion du SPACE. DR

Région d’élevage au climat tempéré, la Bretagne possède d’importants gisements de biomasses détenus, principalement, par les exploitations agricoles (effluents d’élevage, intercultures…). Le Pacte biogazier est le résultat d’un travail de deux ans, copiloté par l’Etat et la Région au sein de la Conférence Bretonne de la transition énergétique (CBTE). Signé officiellement le 12 septembre dernier lors du SPACE à Rennes, le pacte est une stratégie collective qui associe l’ADEME, GRDF, GRTgaz et le Pôle Énergie Bretagne.

Chacun des 6 partenaires s’y engage à favoriser le développement d’une filière locale de biogaz en s’appuyant sur 3 piliers :

  • Augmenter la production de gaz renouvelable à partir de ressources maîtrisées,

    en cohérence avec les recommandations du Schéma régional de la Biomasse co-élaboré par l’Etat et la Région, les planifications énergétiques territoriales et les capacités d’épandage des digestats. L’ambition est de multiplier par 6,4 la production de gaz renouvelable d’ici à 2030. évaluée à 387 GWH fin 2017, la production de biogaz atteindrait alors 2 470 GWh en 2030 par un développement de tous les modes de production (méthanisation, gazéification…) et toutes les valorisations (injection, cogénération, usage direct).
    Un développement fort de l’injection étant attendu, un point d’étape est prévu en 2025, avec l’objectif d’atteindre un volume de biogaz injecté dans les réseaux équivalent à 10% de la consommation de gaz naturel de 2018, soit 1 700 GWh.
  • Optimiser les valorisations du biogaz breton :

    les partenaires du Pacte biogazier s’engagent, à mettre en œuvre les actions qui permettront de développer l’injection dans les réseaux et l’usage local du biométhane produit au service du développement des territoires bretons en complément de la cogénération.
    Ces actions porteront à la fois sur le développement de la mobilité au BioGNV, l’adaptation des réseaux gaziers, l’expérimentation du biogaz porté et la recherche de nouvelles solutions de valorisation.
  • Structurer l’animation locale de la filière :

    le plan biogaz, initié voilà 10 ans par l’ADEME, l’Etat, la Région et les Départements, a permis d’accompagner techniquement et financièrement la création des premiers méthaniseurs en Bretagne. Les partenaires s’engagent aujourd’hui à appuyer le regroupement de l’ensemble des acteurs professionnels de l’amont et de l’aval et ainsi favoriser les retours d’expériences, mettre en avant les externalités positives, mutualiser les coûts, pérenniser les unités de méthanisation, favoriser l’acceptation sociale et environnementale des projets, encourager la création d’emplois et d’activités dans les territoires ruraux… Il s’agit également ici, de défendre les spécificités bretonnes dans les débats nationaux de la filière biogaz.

Avec ces 3 piliers pour ligne directrice, chaque partenaire prend des engagements qui lui sont propres, en respect de ses compétences. Chacun mobilisera ses outils existants ou mettra en place de nouvelles actions pour y parvenir. Le suivi de la mise en œuvre opérationnelle du Pacte se fera dans le cadre du Groupe d’Analyse et de Contribution (GAC) constitué des partenaires signataires ainsi que des structures porteuses d’engagements : Association d'Initiatives Locales pour l'Energie et l'Environnement (AILE), Chambre régionale d’Agriculture, l’Association des Agriculteurs Méthaniseurs Bretons et Roche aux Fées Communauté. Ce suivi sera présenté annuellement en Conférence Bretonne de la Transition Energétique.

Retrouvez le pacte et les engagements des partenaires sur site www.ambition-climat-energie.bzh, le portail de la Conférence Bretonne de la Transition énergétique.

 

 

Biogaz : les procédés de fabrication ou valorisation existants et la situation en Bretagne

 

Les procédés de fabrication

Le biogaz est aujourd’hui principalement produit par méthanisation de déchets organiques non dangereux, dans un digesteur. Il peut également être récupéré au niveau des installations de stockage de déchets non dangereux (ISDND) de déchets ménagers ou assimilés ou au niveau de stations d’épuration des eaux usées (STEP). Le biogaz est produit par la dégradation des matières organiques.

Les installations de production de biogaz, par méthanisation, relèvent de la réglementation des installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE), soumise à autorisation, enregistrement ou déclaration en fonction de la nature des intrants et de la quantité de matière digéré.

Le biogaz produit ou collecté peut ensuite être valorisé :

  • pour la production de chaleur, via une chaudière biogaz ;
  • pour la production d’électricité et de chaleur, via une unité de cogénération ;
  • pour la production de biométhane destiné à être injecté dans les réseaux de gaz naturel. Le biogaz collecté fait alors l’objet, préalablement à l’injection dans le réseau, d’une épuration, pour ne récupérer que le biométhane. Le biométhane injecté dans les réseaux remplace le gaz naturel d’origine fossile et peut notamment être valorisé en GNV (gaz naturel pour véhicule).

D’autres procédés de production de gaz vert innovants sont actuellement à l’étude :

  • la pyrogazéification : elle consiste à chauffer des déchets à des températures comprises entre 900°C et 1 200°C en présence d’une faible quantité d’oxygène ; l’ensemble du déchet est ainsi converti en un gaz de synthèse, qui peut être principalement constitué de monoxyde de carbone (CO) et d’hydrogène (H2) et quelques pourcents de méthane (CH4).
  • la gazéification hydrothermale : C’est un procédé thermochimique à haute pression (250 à 300 bars) et haute température (entre 400 et 700 °C) qui permet de convertir des biomasses liquides présentant de faible taux en matière sèche (entre 5 et 25 %) en un gaz de synthèse riche en méthane, hydrogène et gaz carbonique.
  • le power to gas : le principe est de réaliser l’électrolyse de l’eau en utilisant de l’énergie (si possible de l’électricité issue d’énergies renouvelables). Cela permet de transformer l’eau (H2O) en gaz (hydrogène et oxygène). L’hydrogène produit pourrait alors être stocké ou à terme injecté dans le réseau de gaz naturel. Il pourrait également être converti en méthane de synthèse en le recombinant avec du CO2 (procédé de méthanation). Les travaux du projet pilote Jupiter1000 à Fos-sur-Mer ont débuté en 2017.

La production bretonne de biogaz actuelle et prévisionnelle

Au 1er septembre 2019, 109 unités de méthanisation installations produisent du biogaz en Bretagne, dont 90 unités à la ferme ou collectives agricoles, 5 unités industrielles, 5 projets territoriaux et 9 projets associés à une STEP (station d’épuration) ou à une ISDND.

Le nombre d’unités de méthanisation a fortement augmenté ces dernières années et la tendance se poursuit avec toutefois une réorientation de la production d’électricité vers la production de gaz injecté.

La valorisation du biogaz

  • en électricité

En Bretagne, au 1er janvier 2019, 77 installations en fonctionnement valorisent le biogaz produit par cogénération, c’est-à-dire par production d’électricité et de chaleur. La puissance électrique installée en fonctionnement est de 24,6 MWe.

  • en biométhane à injecter dans les réseaux de gaz naturel

En Bretagne, 12 installations (fin mars 2019) sont en fonctionnement pour une production annuelle de 183 GWh.

À l’échelle de la Bretagne, plus de 150 projets d’injection sont en cours de réflexion représentant environ 820 GWh supplémentaires de production annuelle (soit 1 TWh/an cumulé, à horizon 2022).

 En lien ci-dessous les engagements propres à chaque partenaire.