La qualité de l’eau se conjugue avec la solidarité en Bretagne
Les collectivités s’engagent au sein d’une Assemblée bretonne de l’Eau

La Conférence Bretonne de l’Eau et des Milieux Aquatiques (CBEMA) a réuni, le jeudi 6 juin, à Saint-Brieuc, à l’occasion de la semaine « La Bretagne s’engage pour le climat », l’ensemble des acteurs de l’eau en Bretagne, autour de Michèle KIRRY, Préfète de région, de Loïg CHESNAIS-GIRARD, Président de la Région, de Thierry BURLOT, Vice-président de la Région à l’environnement, l’eau, la biodiversité et le climat, et de Martin GUTTON, Directeur général de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne. Ce 7e temps de concertation s’est concentré sur la reconquête du bon état des masses d’eau et sur la mise en place d’une Assemblée bretonne de l’Eau.

La Bretagne a été, plus tôt que les autres régions françaises, touchée par la dégradation de la qualité de ses eaux.
Face aux enjeux multiples, liés aux pollutions par les nitrates ou aux problèmes de marées vertes, la Bretagne a relevé le défi, puisqu’elle a initié dès 1989 une politique partenariale ambitieuse avec le programme Bretagne Eau Pure. Depuis 30 ans, collectivités, agriculteurs, associations, services de l’État, Agence de l’eau Loire Bretagne, Région et Départements sont ainsi mobilisés pour restaurer et préserver leur ressource en eau.

Les acteurs bretons ont su réagir et ont obtenu des résultats, notamment la baisse des concentrations de nitrates. La Bretagne est ainsi l’une des rares régions d’Europe où la qualité de l’eau s’améliore et où les contentieux nitrates ont été levés. Cela permet désormais d’envisager la sortie de certains secteurs des « zones vulnérables aux nitrates » et de progresser sur l’eutrophisation des cours d'eau et des plans d'eau. Aujourd’hui, 70% des masses d’eau sont en bon état dans le Finistère. La Conférence Bretonne de l’Eau et des Milieux Aquatiques réunie ce jour a été l’occasion, autour de témoignages d’acteurs historiques, de saluer les efforts réalisés et les résultats obtenus.

Ces résultats encourageants ne doivent pas signifier la fin de cette mobilisation collective, mais au contraire constituer une incitation à la poursuivre. Car des problématiques demeurent. En Ille-et-Vilaine, par exemple, 7% des masses d’eau seulement sont en bon état, en raison, notamment, de problèmes de morphologie et de continuité écologique des cours d’eau.

Les membres de la CBEMA ont par ailleurs travaillé sur les défis à relever en Bretagne dans un contexte de changement climatique : pollution par les produits phytosanitaires et les nouvelles substances émergentes, préservation de la biodiversité, gestion quantitative de la ressource (sécheresse mais aussi inondations et submersions marines), nécessaire solidarité entre amont et aval, territoires urbains et ruraux autour de l’eau...

La CBEMA évolue pour devenir l’Assemblée bretonne de l’Eau à partir de l’automne

Afin d’améliorer l’efficacité des actions sur l’eau, une gouvernance rénovée sera mise en place au sein d’une Assemblée bretonne de l’Eau concrétisant l’engagement de l’État et de la Région pris en février 2019 dans le contrat d’action publique pour la Bretagne. Cette nouvelle instance d’animation et de concertation, une première en France, sera élargie aux EPCI de Bretagne, compétents en matière de gestion de l’eau. Elle se réunira pour la première fois à l’automne 2019.

La question de la solidarité autour de l’eau a aussi fait l’objet de débats. La qualité des eaux littorales dépend de celle des bassins versants situés en amont quand les inondations, à l’aval, peuvent être limitées par des actions réalisées en amont. Comment s’assurer que les coûts sont équitablement répartis entre les acteurs ? Sur ce sujet, Thierry Burlot, Vice-président de la Région à l’environnement et à l’eau, a annoncé le lancement d’une étude régionale afin d’identifier comment s’exerce cette solidarité aujourd’hui, et comment la renforcer.