Tro breizh maritime de Pierre Karleskind : Erquy
Le Brexit et le GIP Pêche de Bretagne au cœur des échanges

Comme chaque année à cette période de l’année, Pierre Karleskind, Vice-président de la Région à la mer et aux infrastructures portuaires, entreprend un tour de Bretagne pour aller à la rencontre des acteurs de la mer. C’est dans les Côtes d’Armor qu’il a lancé, ce lundi, son « tro breizh » en visitant la criée d’Erquy. A cette occasion, l’élu a pu aborder les conséquences du Brexit, le nouveau Groupement Pêche de Bretagne ainsi que les projets d’investissements des criées costarmoricaines.

Alexandre Lamoureux - CRTB

Chaque été, la Région organise un « tro breizh » consacré à la mer et à l’ensemble de ses activités. Du 6 au 29 août, cette tournée conduira Pierre Karleskind d’Erquy à Brest, en passant par Douarnenez, Le Guilvinec, Loctudy, Lorient, l’Île aux Moines et Saint-Nolff.

Au gré de ses escales, le Vice-président de la Région rencontre des professionnels de la mer pour faire le point avec eux, filière par filière, sur leurs projets et leurs préoccupations et pour évoquer l’action de la Région Bretagne en la matière ou encore le FEAMP*.

Ce tour de Bretagne 2018 a débuté ce lundi, à Erquy, par une visite de la criée suivi d’un long échange avec les acteurs locaux autour du Brexit et du nouveau Groupement interportuaire Pêche de Bretagne.

Accueilli par Christiane Guervilly, Maire d’Erquy, Thierry Troesch, Président de la CCI des Côtes d’Armor, et Patrick Macé, Directeur des criées costarmoricaines, l’élu régional a pu prendre toute la mesure du développement du port depuis le début des années 2000.

Une criée modernisée et rénovée

La CCI des Côtes d’Armor a en effet mené un vaste programme d’aménagement dans le port d’Erquy. Entre 2000 et 2010, celui-ci a fait l’objet d’une opération de modernisation de ses infrastructures sous maîtrise d’ouvrage du Conseil départemental des Côtes d’Armor : augmentation du linéaire de quai, de la surface du terre-plein portuaire et du plan d’eau abrité pour faciliter les opérations de débarquement des chalutiers hauturiers. Coût total : 19 M€, dont 2,41 M€ pris en charge par la Région.

La halle à marée a ensuite été agrandie, pour atteindre désormais une surface de 1 760 m², grâce à une extension de 400 m² accueillant une nouvelle chambre froide. En 2016, la criée s’est ensuite dotée d’une galerie permettant aux visiteurs d’assister aux diverses activités sous criée (1 M€) et s’est coiffée d’une salle panoramique offrant une vue imprenable sur le port. En 2019, une passerelle reliera la galerie à cette salle multifonctions dont la réalisation a bénéficié du soutien de la Région.

Des travaux de sécurisation des flux piétonniers sont par ailleurs en cours.

Échange autour du Brexit

Cette première étape a aussi été l’occasion pour Pierre Karleskind d’échanger des impacts du Brexit sur l’exploitation des entreprises de pêche, avec notamment Jean Porcher, responsable de l’armement hauturier le plus important de Bretagne Nord (33 M€ de chiffre d’affaires, 220 salariés, 17 navires).

Déjà très sensible aux variations de quotas annuels dans l’Ouest de la Manche et la Mer d’Iroise, l’armement dont les navires fréquentent majoritairement les eaux anglaises est particulièrement exposé aux incidences de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne.

La pêche est l’un des secteurs de l’économie bretonne qui s’attend à subir les plus lourdes répercussions du Brexit. À cet égard, 3 enjeux majeurs ont été identifiés par le Conseil économique social et environnemental régional (CESER) :

  • l’accès aux zones de pêche de la Zone Economique Exclusive du Royaume-Uni et aux quotas de pêche des stocks qui en font partie alors que 50% des débarquements de la pêche bretonne proviennent des eaux britanniques,
  • les distorsions de concurrence liées à des différences de réglementation entre le Royaume-Uni et le reste de l’UE,
  • la baisse de compétitivité en cas de dévaluation durable de la Livre, dont l’effet se ferait ressentir sur la vente de noix de coquilles Saint-Jacques, puisque 70% des exportations européennes du Royaume-Uni étaient destinées à la France en 2015 (France Agrimer, 2015).

Présentation du Groupement Pêche de Bretagne

Au cours de cet échange, il a aussi été question du nouveau Groupement Interportuaire Pêche de Bretagne. Associant la Région Bretagne, les Départements des Côtes-d’Armor et du Finistère, Lorient Agglomération et le syndicat mixte « Pêche et plaisance de Cornouaille », cette structure de coordination régionale vise à mettre en place une stratégie commune d’investissement et de commercialisation pour une valorisation optimale des produits de la pêche bretonne.

Une feuille de route a été établie, reposant sur 9 priorités :

  •  favoriser les échanges sur les investissements portuaires structurants,
  •  optimiser le modèle économique des ports,
  • définir un cadre de coordination des règlements d’exploitation des criées,
  • promouvoir la mise en œuvre des normes de tri et d’agréage,
  • coordonner les actions en faveur de la formation, l’emploi et l’insertion,
  • faciliter la convergence des outils logistiques et numériques,
  • faciliter la possibilité pour les halles à marées volontaires de renforcer leurs partenariats,
  • renforcer la contribution de la pêche au développement touristique de la Bretagne, proposer une communication commune pour la pêche bretonne.