Patrimoine, nautisme et voilier du patrimoine
La Région rencontre les acteurs locaux à terre et en mer

Le mardi 17 juillet, Anne Gallo, Vice-présidente de la Région Bretagne au tourisme, patrimoine & voies navigables a invité Laëtitia Boidin, nouvelle Présidente du réseau des Villes d’Art et d’Histoire et des Villes historiques (VAHVH) de Bretagne, à embarquer à bord du navire Le Corentin au côté de Georges Le Calvez, Président de l’association Le Lougre de l’Odet qui gère le 3 mâts. Entre Concarneau et l’archipel des Glénan, ils ont pu échanger sur les attentes de chacun et les actions à mener ensemble avant d’être accueillis sur l’archipel des Glénan par Tom Daune, Directeur de l’école de voile. La visite du site a permis d’évoquer le projet du centre nautique ainsi que la restauration du Fort Cigogne, monument retenu dans le cadre du projet de la Mission Bern (Loto du patrimoine).

le Fort-Cigogne sur l'archipel des Glénan DR

Visites, réunions de travail, rencontres sur le terrain, à terre ou en mer : chaque été, la Région organise son “Tro Breizh” touristique. Une mise en lumière des richesses touristiques et patrimoniales de la Bretagne mais aussi, et surtout, l’occasion pour Anne Gallo, la Vice-présidente de la Région en charge de ces questions, de rencontrer et d’échanger avec les acteurs locaux sur les attentes et besoins respectifs, les moyens à mobiliser pour mieux travailleur ensemble, les perspectives…  Après avoir débuté, le lundi 16, par des échanges techniques à Saint-Martin-des-Champs et Quimper, Anne Gallo a donc poursuivi son périple entre Concarneau et Les Glénan.

Valoriser davantage encore les Villes d’Art et d’Histoire

La Bretagne dispose d’un patrimoine bâti remarquable mais encore trop peu valorisé au regard de son potentiel. Alors que des études confirment que la qualité des patrimoines est un élément déterminant dans le choix de la Destination Bretagne par les touristes, la Région accompagne depuis de nombreuses années l’association Villes d’Art et d’Histoire et des Villes historiques (VAHVH) de Bretagne. Un soutien qu’elle renforce aujourd’hui via une convention pluriannuelle d’objectifs sur la période 2018-2020.
Créé en 1984 sous l’appellation Union bretonne des villes d’Art et d’Histoire, le réseau VAHVH regroupe aujourd’hui 23 villes. Chacune d’elles engage sa propre politique d’entretien, de mise en valeur et d’animation, et, parallèlement, le réseau encourage leurs démarches avec l’appui financier de la Région (44 000 € par an) et favorise les échanges d’expériences entre elles.

En 2017, la Région a soutenu un dispositif local d’accompagnement (DLAL)(1). Cet audit visait à repositionner le rôle du réseau, étudier le fonctionnement et les conditions d’une plus forte synergie entre les labels VAHVA, Petites cités de caractère –déjà groupées au  sein d’un GIE afin de mutualiser leurs moyens- et Communes du patrimoine rural de Bretagne, en vue d’établir une feuille route et une stratégie partagée.

(1) Créé en 2002 par l’État et la Caisse des Dépôts, avec le soutien du Fonds Social Européen, rapidement rejoints par le Mouvement associatif, le Dispositif local d’accompagnement (DLA) permet aux structures d’utilité sociale employeuses (associations, structures d’insertion par l’activité économique, coopérative à finalité sociale) de bénéficier d’accompagnements dans leurs démarches de création, de consolidation et de développement de l’emploi.

Pour accompagner ce travail, la Région vient d’acter une convention pluriannuelle 2018-2020 et un plan d’actions prévisionnel qu’elle signera avec l’association VAHVH de Bretagne. En effet, les ressources patrimoniales sont, sans conteste, un atout pour le développement des territoires et la Région est déterminée à les accompagner pour conforter le positionnement de qualité qui qualifie le tourisme et le patrimoine de Bretagne.

Dotée d’un budget de 43 000 € pour l’année 2018, la convention porte le double objectif de :

  • consolider la dynamique des villes du réseau VAHVH et des “Petites Cités de caractère” au travers d’un projet commun,
  • encourager la mise en place de politique de connaissance et de valorisation adaptées aux enjeux économiques, patrimoniaux et touristiques, au bénéfice des habitants et des visiteurs.

Décliné autour de 3 axes :

  • La mise en place d’un programme commun aux 3 réseaux (développer la dynamique autour du projet commun, formation et professionnalisation ; partenariats et projets de territoire ; stratégie de communication et promotion).
  • Le soutien des villes du réseau en matière de politiques patrimoniales et touristiques (échanges d’expériences autour de journées thématiques notamment ; inscrire cette politique dans des dynamiques complémentaires avec les acteurs de la culture, du patrimoine & du tourisme).
  • Le développement, la communication et l’animation du réseau par l’accueil de villes investies dans des démarches de protection, restauration et valorisation de leur patrimoine et la définition de stratégie de communication destinée à favoriser la pratique d’un tourisme de type urbain.

Les voiliers traditionnels de Bretagne

La journée du 17 juillet s’est déroulée à bord du Corentin, réplique d’un lougre de l’Odet de 1840, construite à l’identique par la ville de Quimper en 1992. “Bateau d’intérêt patrimonial” labellisé Voiliers de Bretagne, il mesure 18 mètres de long et dispose d’un faible tirant d’eau (2,5 m) lui permettant de remonter les cours d’eau.

Ce gréement traditionnel à 3 mâts, est géré par l’association Le Lougre de l’Odet, présidée par Georges Le Calvez. En 2016, la Région lui a accordé une subvention de 2 700 € pour une opération de restauration (remplacement de voiles, réfection de la timonerie, acquisition d’un moteur pour l’annexe) et de 3 700 €, en 2017, pour l’entretien et la mise en sécurité.

Depuis 2011, la Région a investi 1,8 M€ pour la conservation ou la restauration de près de 100 bateaux d’intérêt patrimonial navigant en Bretagne, et peut aujourd’hui observer les premiers résultats d’une politique volontariste.

En effet, alors même qu’en Bretagne les bateaux du patrimoine constituent une mine de savoir-faire, d’identité et génèrent des retombées économiques et touristiques importantes, leurs propriétaires ou gestionnaires rencontraient des difficultés pour les entretenir ou les faire naviguer. La Région a donc mené une étude en 2011 et défini  un plan d’actions sur la période 2011-2013, en lien avec l’association Nautisme en Bretagne (NEB), afin de proposer un modèle de gestion pérenne de ces voiliers. Il s’est agi, d’une part, de conseiller, accompagner et former les exploitants et, d’autre part, de soutenir financièrement les investissements de restauration ou conservation réalisée par les propriétaires. La démarche a donné naissance à la marque “Voiliers de Bretagne” portée, aujourd’hui, par 50 embarcations traditionnelles.

L’école de voile Les Glénans et le Fort Cigogne

Arrivée aux Glénan, Anne Gallo a été accueillie par Tom Daune, Directeur de l’école de voile qui a fêté ses 70 ans l’an dernier.

Au niveau national, l’école de voile Les Glénans constitue une référence tant sur le plan des infrastructures que des services proposés. Elle dispose de plusieurs sites en Bretagne (Concarneau, l’archipel des Glénan, Vannes, l’île d’Arz, Paimpol et l’archipel de Bréhat) et en Méditerranée (Bonifacio en Corse du Sud, et Marseillan sur l’étang de Thau dans l’Hérault).

La modernisation des bâtiments destinés à l’activité nautique est aujourd’hui à l’étude et devrait être soutenue par la Région Bretagne. Parallèlement, l’école loue le Fort Cigogne au Conservatoire du Littoral. Édifice inscrit aux Monuments Historiques, qui doit, de son côté, faire l’objet d’une restauration.  La ville de Fouesnant est maître d’ouvrage des opérations de restauration estimées à 3,6 M€, qui devraient être menées d’ici 2021.

À noter que le Fort Cigogne a été retenu comme projet emblématique pour la région Bretagne dans le cadre de la Grande Loterie organisée par la Mission Bern en septembre prochain. Il s’agit d’une opération de mécénat populaire pour sauver le patrimoine français en péril à travers la mise en vente de 12 millions de tickets de jeu. La part habituellement destinée à l’État dans le cadre des loteries servira, cette fois-ci, à soutenir des projets emblématiques de restauration du patrimoine. Parmi 2 000 sites identifiés, 18 en France métropolitaine (un par Région) et 5 Outre-Mer, seront entièrement financés. Fort-Cigogne fait partie de ceux-là...

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