Épaves des navires de la Cordelière et du Regent
Fin de la 1re campagne de recherche d’archéologie sous-marine

Alors que s’achève aujourd’hui la première campagne de recherche des épaves de la Cordelière et du Regent, menée au large de Brest par le DRASSM, les résultats s’annoncent très prometteurs...

Nicolas Job

Débutée le 25 juin dernier, la première campagne de recherche de ces deux épaves, perdues le 10 août 1512 lors d’une bataille navale opposant les flottes bretonne et française à l’armée navale d’Henri VIII d’Angleterre, s’achève ce jour à Brest. Conduites depuis l’André Malraux, navire de recherche du Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines (DRASSM), les investigations pilotées par les archéologues Olivia Hulot et Michel L’Hour, Directeur du DRASSM, ont mobilisé des moyens techniques sans précédent, sondeur multifaisceau, sonar à balayage latéral, magnétomètre, sondeur à sédiments, systèmes de détection électromagnétique, robot…
Dès cette première opération les résultats enregistrés sont très prometteurs, et d’ores-et-déjà impressionnants. Une épave, sinon deux, ont été découvertes qui pourraient avoir simultanément coulé dans le cours du Moyen-Age ou au tout début du XVIe siècle. L’analyse en cours de quelques poteries prélevées en plongée sur le site devrait permettre d’affiner cette chronologie. Si la datation proposée était confirmée, le site découvert entre la baie de Bertheaume et l’anse de Camaret entrerait d’emblée dans la très courte liste des épaves de cette période recensée dans le monde. Son étude réclamera en revanche un dispositif complexe car les vestiges archéologiques localisés sont situés à une profondeur importante et dans une zone balayée par de très forts courants de marée.
L’absence de pièces d’artillerie, en bronze et en fer, conduit pour l’heure à ne pas identifier la ou les épaves mises au jour comme celles de la Cordelière et du Regent. Mais les responsables du projet se réservent la possibilité de mieux explorer cette première hypothèse car les caractéristiques du site sont extrêmement proches de celles que l’on conjecturait pour les épaves recherchées.

A cet effet, les archéologues vont désormais procéder à une analyse méthodique des milliers de données électroniques recueillies au cours de l’opération afin de vérifier la nature d’une série d’anomalies détectées dans l’épaisseur du sédiment marin. Par ailleurs, le robot du DRASSM, Hilarion, a été mis dès cette première campagne à contribution pour recueillir des informations inédites sur un certain nombre des anomalies repérées. Ces reconnaissances ont révélé une série d’objets historiques et archéologiques des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles.

Les recherches de la Cordelière et du Regent devraient se poursuivre en 2019. Le site découvert cette année pourrait faire à cette occasion l’objet d’une expertise méthodique associant à des interventions directes des archéologues en plongée et la mise en œuvre de systèmes robotiques très performants.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site dédié lacordeliere.bzh.

La Région Bretagne partenaire du Drassm

Construit en 1498 sur ordre de la duchesse Anne de Bretagne, la Marie Cordelière était à l’époque l’un des navires de guerre les plus puissants de la flotte bretonne. Le 10 août 1512, au terme d’un combat épique contre les forces anglaises, entre le goulet de Brest et la pointe Saint-Mathieu, le bateau fait naufrage en même temps que le Regent, fleuron de l’armada britannique avec lequel il combattait bord-à-bord. Depuis, plus aucune trace des vaisseaux engloutis depuis plus de 500 ans…

Afin de retrouver les épaves de ces deux navires mythiques, la Région Bretagne et le DRASSM ont uni leurs efforts pour lancer un nouveau projet d’investigation pluridisciplinaire, associant archéologues, historiens, roboticiens, cartographes, scientifiques et étudiants. Dans le domaine du patrimoine, la Région mène une politique volontariste qui vise à faire du patrimoine un levier de développement pour le territoire. Elle accompagne donc cet ambitieux projet qui répond à son ambition de mettre à l’honneur l’archéologie sous-marine, notamment à travers l’appel à projets NEPTUNE.

Sont également partenaires du projet le Laboratoire d'Informatique, de Robotique et de Microélectronique de Montpellier (LIRMM), l’ENSTA, l’Ifremer, l'Université Bretagne Sud, le Service Hydrographique et Océanique de la Marine (le Shom), ainsi que les entreprises IXBLUE et MAPPEM.

Tags : Patrimoine

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