La 1re campagne de prospection, menée par le DRASSM et la Région Bretagne, démarre
À la recherche de la Cordelière, navire mythique perdu au large de Brest

Construit en 1498 sur ordre de la duchesse Anne de Bretagne, la Marie Cordelière était à l’époque l’un des navires de guerre les plus puissants de la flotte bretonne. Le 10 août 1512, au terme d’un combat épique contre les forces anglaises, entre le goulet de Brest et la pointe Saint-Mathieu, le bateau fait naufrage en même temps que le Regent, fleuron de l’armada britannique avec lequel il combattait bord-à-bord. Depuis, plus aucune trace des vaisseaux engloutis depuis plus de 500 ans… Afin de retrouver les épaves de ces deux navires mythiques, la Région Bretagne et le DRASSM* ont uni leurs efforts pour lancer un nouveau projet d’investigation pluridisciplinaire, associant archéologues, historiens, roboticiens, cartographes, scientifiques et étudiants. Une première campagne de prospection a démarré le 25 juin pour trois semaines à l’entrée de la rade de Brest.

La Vice-présidente Anne Gallo à bord de l'André-Malraux Région Bretagne

Archéologues et roboticiens réunis

Tout l’enjeu de cette nouvelle campagne d’investigation est d’en savoir davantage sur cet épisode célèbre de l’histoire de la Bretagne, et, au-delà, de la France maritime. Si les recherches aboutissent, l’étude des épaves pourrait livrer des informations totalement inédites sur les méthodes de construction navale de l’époque, sur l'artillerie embarquée, mais aussi sur les mobiliers de bord, les objets personnels ou l’accastillage des navires armés, tant sous le règne de la duchesse Anne que sous celui du roi Henri VIII. Et ainsi de les comparer : car si les équipes mobilisées découvrent l’épave de la Cordelière, elles localiseront aussi celle du Regent.

Pour ce faire, la Région Bretagne et le DRASSM, à la tête des opérations, ont mobilisé une équipe pluridisciplinaire : des archéologues sous-marins, bien sûr, mais aussi des historiens de l'Université de Bretagne Sud et du GIS d'Histoire maritime, des roboticiens de l’ENSTA-Bretagne, des géomorphologues de l’IFREMER, des experts du SHOM (service hydrographique et océanographique de la Marine) et des entreprises high tech comme iXBlue ou Mappem Geophysics.

Le DRASSM apportera l'expertise de ses personnels et ses moyens techniques : matériel de plongée, robotique et système de détection…

Des recherches en mer, à terre et jusqu’en Angleterre

La première campagne de recherches sous-marines porte sur des fonds qui n’ont encore jamais été aussi méthodiquement explorés. L’André-Malraux, navire scientifique du DRASSM, va se concentrer, entre le 25 juin et le 13 juillet, sur une zone de 25 km² située non loin de l’entrée du goulet de Brest. Une quinzaine de personnes est mobilisée à bord.

Si elles n’ont pas été couronnées de succès, les campagnes de recherche, menées dans les années 90 et 2000 avec le même objectif, ont toutefois permis de dresser une première cartographie sous-marine de la zone entre le goulet de Brest et la pointe Saint-Mathieu, ainsi qu’un premier inventaire de la documentation historique disponible. Ces recherches ont servi de socle au nouveau projet.

À terre, les chercheurs vont aussi explorer des fonds d’archives et historiques inédits, en Bretagne, en France et en Angleterre, avec l’espoir d’y découvrir un témoignage encore inconnu, susceptible de renseigner sur la localisation des épaves.

La Région met à l’honneur l’archéologie sous-marine

Si la Région accompagne cet ambitieux projet, c’est parce qu’elle s’est engagée, depuis 2017, à mettre à l’honneur l’archéologie sous-marine, au titre de sa politique de valorisation du patrimoine.

Fort de 1 490 biens culturels maritimes ou épaves répertoriés au large des côtes bretonnes, cet héritage immergé mérite en effet d’être davantage connu, étudié et valorisé. Il est en effet un formidable vecteur de développement pour la Bretagne et ce, tant sur les aspects scientifiques, techniques, culturels, patrimoniaux que touristiques.

En 2016, la Région a ainsi lancé un appel à projets, baptisé NEPTUNE, pour soutenir financièrement des initiatives en matière d’archéologie sous-marine. Les partenaires du projet de la Cordelière vont solliciter le soutien financier de la collectivité. dans le cadre de ce dispositif, en 2018 et 2019.

(*) Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines du Ministère de la Culture

Retrouvez le dossier de presse complet ci-dessous, ainsi que des photos illustrant cette recherche.

Tags : Patrimoine Mer

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