Rencontre de Pierre Karleskind avec des ostréiculteurs
La question du foncier conchylicole au cœur des échanges

Comme chaque année à cette période de l’année, Pierre Karleskind, Vice-président du Conseil régional à la mer et aux infrastructures portuaires, va à la rencontre des professionnels de la mer, sur leur terrain d’activités. Ce mercredi, au côté de Anne Gallo, Vice-présidente en charge du tourisme, il a visité 3 chantiers ostréicoles à Sarzeau pour un échange autour des questions du foncier et de la transmission d’entreprises notamment. L’occasion pour l’élu de faire le point sur leurs préoccupations et de s’assurer que les dispositifs régionaux répondent au plus près aux réalités du terrain, alors que le fonds européen FEAMP(1), en partie géré par la Région, est désormais opérationnel.

Les chantiers ostréicoles sont souvent dans des zones très courtisées pour leur foncier... Auteurs-de-Vues - Frederic-Henry_RB

Embarquement à bord d’un fileyeur basé à Lorient ou d’un navire de pêche côtière à Locquémeau, rencontres de conchyliculteurs en baie de Morlaix, de professionnels de la pêche à pied à Saint-Pol-de-Léon, des sauveteurs du CROSS d’Etel ou encore  visite d’un gisement d’algues de rives à Santec : au cours de ce tro breizh de 5 jours, Pierre Karleskind rencontre des professionnels de la mer pour faire le point avec eux, filière par filière, sur leurs projets et leurs préoccupations, l’action de la Région Bretagne en la matière, le FEAMP…

Échanges autour du foncier et de la transmission

À Sarzeau, ce mercredi 26 juillet, il aura essentiellement été question de la problématique du foncier. Souvent située à la fois sur le domaine privé et le domaine public maritime, l’activité conchylicole est confrontée à des conflits d’usages et doit, parfois, batailler pour conserver un foncier convoité -tout particulièrement dans le Golfe, où les activités balnéaires et résidentielles sont très prisées-.

À la pointe du Ruault, Pierrick Le Thiec a repris une entreprise en vue de se développer. Ce qu’il a pu envisager grâce à l’intervention de la SAFER(2) (Société d'aménagement foncier et d'établissement rural). L’entreprise Arin est pour sa part en quête d’un repreneur, un foncier qui doit rester dans la filière et, là encore, la SFAEr pourrait avoir un rôle à jouer. Patrice Guillemette est, quant à lui, gérant de l’entreprise conchylicole du Ruaul, entreprise familiale reprise de père en fils.

Derrière ce sujet du foncier, il est aussi question de la reprise et de la transmission de ces entreprises. Avec une moyenne d’âge des professionnels du secteur de 47 ans (en Bretagne Sud), l’enjeu est d’assurer le bon renouvellement des générations en s’assurant que ces espaces restent bien réservés, à moyen et long termes, à l’ostréiculture.

La Charte conchylicole signée en 2011 par les professionnels était principalement axée autour de 2 sujets : la qualité de l’eau et le foncier. Elle proposait de clarifier le droit applicable en matière de foncier et de sensibiliser les élus au maintien des activités conchylicoles dans leurs documents d’urbanisme. Parallèlement un groupe de travail s’est constitué autour de la SAFER et du CRC (comité régional de Conchyliculture) afin d’avoir une vision stratégique partagée lors d’une vente conchylicole, de dissuader les propriétaires de vendre en vue d’un changement de destination du bien…

Depuis 2011, la SAFER a pu réaliser 3 interventions et 7 sont actuellement en cours. Elle achète le terrain conchylicole rendu disponible et le réserve en vue de son acquisition future par un professionnel. Le CRC, de son côté, veille à faire connaître les terrains disponibles pour une installation conchylicole et recherche des repreneurs.

 

La filière conchylicole en Bretagne Sud en quelques chiffres :

  • 430 entreprises
  • 1 205 équivalent temps plein,
  • 5 7360 ha exploitées de concessions
  • 99 km de bouchots et de filières
  • 11 000 tonnes d’huîtres creuses produites
  • 200 tonnes d’huîtres plates produites
  • 3 500 tonnes de moules produites
  • 2 400 tonnes de coques/palourdes produites

 

FEAMP : 10 M€ pour la conchyliculture et l’aquaculture

La visite de Pierre Karleskind s'inscrit aussi dans un contexte propice au développement de la conchyliculture bretonne. L'ouverture en septembre 2016 de la mesure régionale du FEAMP pour soutenir l’investissement productif durable (mesure 48) permet en effet aux entreprises locales de nourrir de nouveaux projets et d’investir en vue d’accroître la quantité et la qualité de leurs produits.

Qu’il s’agisse de soutien à l’excellence environnementale, à la diversification des productions & activités, ou encore de projets collectifs, 115 demandes de FEAMP ont été déposées. Vingt ont reçu une réponse favorable au 1er semestre 2017, les autres sont à l’étude et bon nombre d’entre elles devraient connaître une issue favorable dans les prochains mois.

Les 20 subventions FEAMP d’ores et déjà validées portent sur un montant total d’investissements de 2,5 M€ de la part des porteurs de projets qui bénéficieront de 1,1 M€ d’aides publiques : 0,83 M€ de FEAMP, 0,17 M€ de la Région Bretagne, 0,11 M€ de l’État.

 

(2) La SAFER a une mission d’aménagement du territoire et doit, en particulier, dynamiser l'agriculture et de favoriser l'installation des jeunes notamment en préemptant des terres qu’elle rétrocède ensuite aux porteurs de projets. Comme elle le fait avec le milieu agricole, la SAFER peut également préempter des parcelles du domaine maritime pour préserver l’activité conchylicole.     

 

Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche, dont une partie est désormais gérée directement par la Région : plus de 44 M€ (dont 14 M€ pour la flottille de pêche) qui permettront d'accompagner 130 M€ d'investissements des secteurs pêche et aquaculture bretons.

 

 

 

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