#COPBZH / Forum des mobilités
Comment concilier transitions, équilibre des territoires et mobilités des Bretons ?

Le 9 mars dernier, la Région s’est engagée, avec l’ensemble de ses partenaires publics, privés et associatifs, à construire en 2017 et 2018 un nouveau projet de territoire pour la Bretagne, à travers la COP régionale (#COPBZH) et le SRADDET(*). Les mobilités ont toute leur place au cœur de cette démarche globale et transversale qui intègre transition écologique et numérique, hausse démographique et équilibre des territoires. Alors que la Bretagne, avec la mise en service de la LGV le 2 juillet, n’aura jamais été aussi accessible, il convient d’anticiper dès à présent les besoins de mobilités de la Bretagne à l’horizon 2040, depuis les métropoles jusqu’aux zones rurales isolées, en passant par un péri-urbain, de plus en plus dense et étendu autour des grandes villes.

Plus de 150 élus concernés, acteurs du monde des transports et associations d’usagers ont participé, ce jour à Brest, à cette journée de réflexion. « L’enjeu de cette rencontre prospective, explique Gérard Lahellec, Vice-président de la Région aux transports et aux mobilités, est de se projeter dans 20 ans et d’imaginer comment concilier les nouvelles mobilités, les mutations en tous genres et l’équilibre durable de nos territoires, en dépassant la traditionnelle opposition transports en commun versus voiture individuelle. En 2040, nous n’en serons plus là ! »

Mise en perspective via trois tables rondes

  • Comment les innovations techniques et numériques émergentes en matière de mobilité (véhicules électriques, autonomes, à la demande…) peuvent-elles accompagner la transition écologique de la Bretagne, alors que l’impact des transports sur l’environnement et la santé reste prégnant ?
  • Quel avenir pour les transports publics collectifs et quels défis à relever à l’heure du covoiturage, de la diversification et de la libéralisation des offres (modes de déplacement, tarifs…) ?
  • Comment adapter les mobilités à une population qui va augmenter de 20% d’ici 2040 ? Alors que le phénomène de périurbanisation s’amplifie, accentuant les disparités territoriales, par exemple avec les îles, quelles mobilités développer ou, au contraire, contenir, voire éviter ? Comment limiter et améliorer les déplacements du quotidien afin qu’ils ne pèsent pas sur la qualité de vie des usagers ?

Autant de questions autour desquelles ont pu échanger les personnalités présentes : le Président de Brest Métropole François Cuillandre, la Présidente du CD29 Nathalie Sarrabezolles, le maire de l’île de Sein, Dominique Salvert, mais aussi des représentants de SNCF, Bibus (Kéolis), Blablacar, et des experts en transports, accessibilité et mutations (Ecologie logistique, 15 marches).

La Région, chef de file en matière de mobilités

La Région, autorité organisatrice des transports veille, depuis 2002, sur le développement et le bon fonctionnement du réseau régional TER (trains et cars) : rénovation et acquisition de trains (21 rames à double niveau Regio2N mises en services de 2014 à 2018), nouvelles dessertes adaptées aux besoins des usagers (+7% à partir de juillet 2017 et correspondances améliorées avec les TGV), tarification sociale et prix ronds, modernisation des 126 gares et haltes TER…

Avec la loi NOTRe, elle hérite d’une nouvelle compétence en matière de transports scolaires, transports interurbains et dessertes des îles, activités gérées jusqu’ici par les Départements. Ce transfert, en cours, ne sera effectif qu’en 2018.

Les mobilités concernent aussi l’amélioration du réseau routier. Sur ce point, la Région concentre son intervention sur l’accessibilité du Centre Bretagne : mise à 2x2 voies de la RN 164 (Montauban-de-Bretagne-Chateaulin) et de l'axe Triskell reliant le Nord et le Sud de la Bretagne.

En 2017, la Région consacrera 396 M€ aux mobilités dont 139 M€ dédiés aux différents transferts voulus par la loi NOTRe.

(*) Parallèlement à la démarche de COP régionale, voulue par la Région Bretagne, la loi NOTRe invite les 13 Régions françaises à bâtir d’ici l’été 2019, un SRADDET, Schéma Régional d'Aménagement, de Développement Durable et d'Égalité des Territoires, qui inclut un volet mobilités.

Où en sont les mobilités de demain ? Dès à présent, plus d’intermodalité

  • 11 pôles d'échanges multimodaux, dits PEM
    Ils sont en cours d’aménagement et celui de Lorient a été inauguré samedi dernier, 20 mai. L’enjeu des ces nouveaux espaces, agrandis et modernisés, dans et autour des gares TGV, est de permettre de meilleures connexions entre les différents modes de transports (bus, car, métro, vélo...) afin que les voyageurs ne perdent pas en gare le temps gagné dans le train.

  • Des tarifs intermodaux avec la carte KorriGo
    La carte bretonne des déplacements a déjà plus de 10 ans ! Utilisée aujourd’hui par 8 grands réseaux de transport (TER, cars départementaux, transports urbains, vélos libre-service...), elle permet de stocker sur un seul support plusieurs titres de transports, notamment des abonnements permettant de cumuler des réductions. À ce jour, environ 450 000 cartes KorriGo circulent régulièrement en Bretagne.

  • Le site des transports publics BreizhGo.com
    Le site web des transports publics en Bretagne, regroupe toute l’information de 25 réseaux de transports publics (bus, métro, tramway, cars, TER, TGV, liaisons maritimes et aériennes). L’objectif est que tout usager puisse calculer son itinéraire de porte à porte, en intégrant, si besoin, marche à pied, vélo et véhicule personnel. BreizGo fournit également des informations complémentaires sur les tarifs, les parking relais, les dispositifs dédiés aux personnes à mobilité réduite, etc.

  • Et aussi en Bretagne :
    - Le tout nouveau téléphérique urbain de Brest Métropole reliant le centre ville au plateau des Capucins.
    - La navette transrade électrique de Lorient agglomération qui relie le cœur de ville à Port-Louis.
    - Le plan véhicule vert qui prévoit de déployer 1 000 bornes de recharge électriques sur le territoire.
    - La 2e ligne de métro et la mise en service prochaine de bus électriques sur Rennes Métropole.

Quelques chiffres pour se remettre les idées en place

En Bretagne, la voiture individuelle est encore utilisée dans 72% des déplacements du quotidien. Si la part des transports en commun augmente depuis 15 ans, ils ne représentent au final que 5% des trajets, la marche et le vélo concentrant 20 % des déplacements et le covoiturage, 3%. Pour aller travailler, 50 % des actifs bretons parcourent de 10 à 40 km/jour. Le temps individuel consacré au transport est à peu près stable (54 min/jour) mais la distance parcourue (28,7 km) plus importante qu’il y a 30 ans… Source ENTD (Etude nationale transports et déplacements).

Les grands chiffres du TER Bretagne

  • 10,5 millions de voyages,
  • 1 200 km de voies ferrées et 7 lignes routières régionales,
  • 126 points d’arrêt ferroviaires (40 gares, 86 haltes),
  • 350 trains, 100 cars TER et régionaux, par jour, en moyenne,
  • 8 M de km parcourus/an, soit près de 200 x le tour de la Terre,
  • 96% des TER arrivent à l’heure.