La culture des algues en Bretagne : un fort potentiel
Comment développer la filière algues en Bretagne ?

Cosmétique, alimentation, chimie verte, énergie... : si la culture et la transformation des algues offrent de multiples débouchés, la filière peine à émerger en France, notamment en raison de facteurs économiques ou sociétaux. Afin de favoriser le développement de l’algoculture en Bretagne, qui dispose d’un très grand potentiel, l’État et la Région ont réuni une centaine de professionnels, spécialistes, élus et associations pour une journée de travail, le lundi 3 octobre à Saint-Malo. L’objectif de cette journée introduite par François Claude PLAISANT, Sous-Préfet de Saint-Malo, et Pierre KARLESKIND, Vice-Président de la Région à la mer et aux infrastructures portuaires, était d’identifier les freins à l’essor de projets d’algoculture et trouver, ensemble, des pistes d’actions pour favoriser le développement de cette filière.

Un projet qui restera à l’état de projet, une exploitation nouvellement créée qui n’atteint pas les objectifs qu’elle s’était fixés, une création d’entreprise qui se heurte à la réticence des riverains... Pour quelles raisons la filière de la culture des algues, pourtant si prometteuse en Bretagne, ne parvient-elle pas à prendre son envol ? Quelles sont les perspectives du développement de l’algoculture en Bretagne ?

Diagnostic d’une filière algoculture émergente et les perspectives de son développement en Bretagne

La centaine de producteurs, transformateurs, scientifiques, élus et associations qui ont répondu présents à l’invitation de la Préfecture et de la Région ont tenté de trouver des réponses à ces questions. La Journée était organisée autour de deux sessions mêlant états des lieux, diagnostics et perspectives autour de présentations et de temps d’échanges. L’ensemble des volets ont été évoqués : biologiques, réglementaires (environnement et consultation publique), techniques (les modes de culture possibles en mer ou en bassin à terre) et économiques à travers les potentiels de valorisation des algues et les marchés existants ou nouveaux marchés à explorer.

FEAMP et programme Breizh’alg : des outils pour soutenir la structuration de la filière

A la rencontre des filières pêche et aquaculture, l’algoculture offre des perspectives d’emplois et de valeur ajoutée importantes. Activité de diversification pour des entreprises déjà existantes, elle est aussi un vecteur de résilience. En Bretagne, les conditions environnementales sont propices à son développement. La Région et l’État ne veulent pas laisser passer cette opportunité et souhaitent encourager les professionnels et les projets afin que l’algoculture s’y développe.

Des outils financiers peuvent venir en appui des projets. Le FEAMP (mesure 48) permet d’accompagner les investissements en aquaculture et notamment pour le développement d’activités d’algoculture.

Par ailleurs, en 2012, la Région a lancé Breizh’alg : un programme stratégique pour favoriser le développement de la filière algues en Bretagne. Un accompagnement et une animation des réseaux destinés à créer un cadre favorable au développement des activités sur l’ensemble de la filière algues, de la production à la transformation. Pierre Karleskind, Vice-président de la Région, a réaffirmé, aujourd’hui, la nécessité de poursuivre et renforcer ce programme qui constitue la réponse collective nécessaire à la construction et l’émergence d’une filière pérenne.

Rappel sur le FEAMP en Bretagne

Loïg Chesnais-Girard, 1er Vice-président du Conseil régional, et Alain Vidaliès, Secrétaire d'Etat chargé des transports, de la mer et de la pêche ont signé, en juin dernier, la convention prévoyant la délégation, à la Région, de la gestion d'une partie des mesures du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche (FEAMP).

Cette délégation de gestion prévoit, d'ici à 2020, la mise en oeuvre par la Région de 15 mesures et d'une enveloppe de plus de 44 M€(1) de crédits européens, qui permettront d'accompagner près de 130 M€ d'investissements en faveur des secteurs pêche et aquaculture en Bretagne. Sur cette période, viendront s'ajouter aux fonds européens 21 M€ d'aides publiques.

L'enjeu de cette délégation nouvelle est d'appuyer concrètement les ambitions de la Bretagne, 1re région maritime de France, en faveur du développement de la filière :

  • améliorer la performance énergétique de la flottille de pêche, de la gestion des ressources halieutiques par la mise au point et l'équipement des navires en engins plus sélectifs et plus respectueux des milieux, et par la valorisation des produits de la pêche. Un appui qui permettra également d'augmenterla sécurité et les conditions de travail des équipages. Le renouvellement des navires et des chefs d'entreprise est également prévu avec un objectif de 50 installations de jeunes pêcheurs.
    > 14 M€ pour la pêche.

  • soutenir les investissements des entreprises aquacoles en vue d'augmenter la production, diversifier lesproductions, gagner en valeur ajoutée, promouvoir des méthodes durables et l'échange de bonnes pratiques. Le FEAMP accompagnera également des projets d'installation et d'infrastructures collectives, comme des lotissements conchylicoles.
    > 13 M€ pour l'aquaculture.

  • renforcer la compétitivité des places portuaires et leur adaptation au changement des pratiques de pêche.
    > 11 M€ pour les ports de pêche.

  • accompagner la recherche de nouveaux marchés et la mise en oeuvre de nouvelles démarches de commercialisation, certification et promotion des produits durables. Le FEAMP, géré par la Région, permettra notamment de soutenir les entreprises de la filière halioalimentaire qui représentent 3 400 emplois et 644 M€ de chiffre d'affaires annuel.
    > 10 M€ pour les filières aval.

  • généraliser les initiatives de développement local des filières pêche et aquaculture avec la mise en oeuvre d'un volet dédié (le DLAL) au sein des Contrats de partenariat entre Région et Pays maritimes.
    > 17 M€ pour le développement local des filières.

Quelques jours avant fin mai, la Région avait pu valider le cadre de mise en oeuvre des mesures du FEAMP en Bretagne avec l'installation de la commission déléguée au suivi et à la gestion du FEAMP, a sein du comité de suivi des Fonds européens en Bretagne. Les premiers bénéficiaires dont les dossiers sont actuellement à l’étude, seront sélectionnés dans quelques semaines.

(1) S'y ajoutent 2,5 M€ au titre de l'assistance technique.