Langues de Bretagne
Une charte et un label pour le gallo

Il y a plus de 200 000 gallésants en Bretagne. Et pour autant, l'utilisation du gallo dans la vie quotidienne demeure limitée. Pour en dynamiser l'usage, l'association Bertègn Gallèzz a impulsé la création d'une charte et d'un label pour le gallo, lancés aujourd'hui.

Photo du label
Bertègn Gallèzz

Le gallo et son usage dans la vie quotidienne ont enfin une charte et un label : «Du galo, dam yan, dam vèr» (Du gallo, j'en veux). Initié par le collectif «Du galo en Bertègn» et l'association Bertègn Galèzz, ce label sera remis aux commerçants, aux artisans ou encore aux restaurateurs qui mettent en valeur le gallo à travers une signalétique bilingue, une marque ou un événement dédié. Lancement officiel aujourd'hui, avec la signature de la charte et le lancement du label.

Promouvoir l'usage du gallo au quotidien

L'adhésion au réseau est gratuite, il suffit de signer une convention avec l'association et de tenir les engagements avancés pour valoriser le gallo dans la pratique quotidienne. Une soixantaine d'acteurs ont déjà manifesté leur désir d'arborer ce label, qui sera un support de promotion, culturel, économique et touristique. Les quatre premiers détenteurs du label participent à son lancement aujourd'hui : la commune de Trémorel, le cercle celtique de Rennes et la radio Plum'FM à Plumelec, l’entreprise La Boett à Merlin (fabricant de badges) à Ifffendic.

200 000 gallésants

Le gallo est encore parfois qualifié par le terme, péjoratif, de «patois». C'est pourtant, depuis 2004, l'une des deux langues de Bretagne reconnues par le conseil régional. Selon un sondage TMO Régions, cité par l'association Bertègn Galèzz et réalisé en janvier 2014, 5 % des bretons parleraient le gallo, quand 8 % seraient tout à fait capables de le comprendre.  

La Région s'engage en faveur du gallo  

Le breton et le gallo comme langue Les langues de Bretagne ont longtemps été dépourvus de statut légal et interdites à l'école. La transmission familiale du breton s'est quasiment arrêtée dans les années 1950 et celle du gallo s'est progressivement éteinte. En décembre 2004, la Région Bretagne a adopté, à l'unanimité, une politique linguistique volontariste où la collectivité affirme « reconnaître officiellement, aux côtés de la langue française, l'existence du breton et du gallo comme langues de la Bretagne». Parmi les actions récentes portées par la collectivité : la signalétique trilingue au sein des bâtiments administratifs et sites de la collectivité, les Prix du Gallo qui valorisent les meilleures initiatives des Gallésans (initié  en 2011), la Semaine du gallo couplée avec la Semaine du breton (en 2013), et, bien sûr, le soutien aux associations et projets en faveur du gallo.