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Parlons règles

Crédit photo : Natracare Unsplash

Quel phénomène naturel touche chaque mois la moitié de l’humanité mais reste malgré tout un objet de gêne et de non-dit ? Les règles, bien sûr ! Si la parole se libère peu à peu, les menstruations restent un facteur d’inégalité femmes∙hommes, et d’exclusion sociale et économique en Bretagne, en France et dans le monde. Mais les mentalités évoluent et des initiatives, telles que celle portée par la Région dans les lycées bretons, contribuent à briser les tabous et faire des règles un réel enjeu d’égalité des chances, partagé par toutes et tous.

  • 500
    C’est le nombre moyen de cycles dans la vie d’une femme
  • 8
    ans au total, soit entre 2 555 et 3 000 jours de règles
  • 15,5
    millions de personnes, soit un 1/4 de la population française concerné par les règles

Mais pourquoi les règles sont-elles encore si absentes du débat et de l’espace publics et peinent à être visibles en dehors des magazines ou des rayons produits d’hygiène des supermarchés ? Pourquoi ce processus physiologique qui concerne directement ou indirectement tout le monde porte aujourd’hui encore atteinte à la dignité, au bien-être et à la liberté de très nombreuses personnes ici et ailleurs ?

Petit tour d’horizon des menstruations, des réalités et des mythes qui leur sont associés.

28 jours

Découvrez le film documentaire réalisé par Angèle Marrey, Justine Courtot et Myriam Attia qui présente de manière ludique, pédagogique et sans tabou le phénomène de menstruations.

Un projet créé par Angèle Marrey, Justine Courtot et Myriam Attia. Un documentaire écrit et réalisé par Angèle Marrey.

La menstruation est un processus naturel et sain au cours duquel l’utérus évacue du sang et des tissus par le vagin. Dans les pays occidentaux, le terme « menstruation » n’est plus très utilisé et l’on parle plutôt de « règles ». Celles-ci durent généralement de 2 à 5 jours, mais cela peut varier d’une personne à l’autre.

Les règles font partie du cycle menstruel, au cours duquel des changements biologiques ont lieu au sein de l’appareil reproducteur féminin, pour le préparer à une potentielle grossesse. Ces changements sont induits par les hormones.

Le cycle menstruel apparaît à la puberté et se maintient jusqu’à la ménopause, où il disparaît. Les perturbateurs endocriniens ainsi qu’une modification de l’alimentation des filles ont eu pour conséquence d’abaisser l’âge des premières règles qui se situe aujourd’hui vers 12,8 ans en moyenne en France.

Pour en savoir plus sur le cycle des règles.

Qui a ses règles ?

Si les règles concernent majoritairement les filles et les femmes, elles peuvent aussi être l’affaire de personnes intersexes, transgenres et non-binaires.

  • Les personnes intersexes sont des personnes présentant une variation du développement sexuel au niveau physique, chromosomique ou hormonal, ne correspondant pas aux modèles médicaux du féminin et du masculin.
  • Les personnes transgenres sont des personnes qui vivent ou qui souhaitent vivre dans un genre différent que celui déclaré à leur naissance.
  • Les personnes non-binaires ne s’identifient ni comme un homme, ni comme une femme.

Les différents types de protection

Jetables ou réutilisables, plus écologiques, le panel des dispositifs de protection est aujourd’hui plus vaste qu’il y a quelques années. Il est possible de trouver “chaussure à son pied” selon sa morphologie, son flux, ses préférences et très souvent, selon ses finances.

Près d’une femme sur deux souffre de règles douloureuses.

On a longtemps considéré que cette souffrance allait de pair avec les règles et que les “malheureuses” devaient prendre leur mal en patience pendant cette période. Mais aujourd’hui le regard de la société et de la médecine évolue et on peut désormais le dire haut et fort : non, souffrir pendant ses règles n’est pas normal.

Les douleurs menstruelles peuvent avoir plusieurs origines et être ressenties à différents moments du cycle. Au-delà de la dysménorrhée qui provoque des crampes abdominales mécaniques et passagères, des pathologies telles que l’endométriose peuvent être très invalidantes.

En parler pour trouver des solutions

Si vos douleurs vous empêchent de vivre une vie normale, il est essentiel de ne pas rester seul∙e et d’agir. Vous pouvez vous adresser à différentes personnes :

  • À votre entourage dans un premier temps, afin qu’il prenne conscience de votre situation et de votre gêne, notamment les jours les plus critiques ;
  • À votre médecin généraliste qui pourra établir un premier diagnostic et vous orienter vers un∙e gynécologue ;
  • À l’infirmerie de votre lycée si les douleurs sont trop invalidantes au cours d’une journée.

C’est quoi, l’endométriose ?

Vidéo didactique sur l’endométriose – dessins de Soledad

  • 81%
    des femmes subissent des désagréments pendant cette période (fatigue, inconfort…)
  • 60%
    des jeunes filles de 15 à 19 ans souffrent de règles douloureuses
  • 70%
    des femmes atteintes d’endométriose souffrent de douleurs invalidantes

Dans beaucoup de pays, avoir ses règles ressemble plus à un combat pour sa dignité et sa santé qu’à un phénomène physiologique normal.

Loin d’être acceptées comme quelque chose de naturel, les menstruations sont toujours la cible de stigmatisation, et les tabous et les idées reçues qui leur sont associés peuvent avoir des conséquences dramatiques pour la vie des filles et femmes. Considérées comme impures pendant cette période dans certaines cultures, elles sont exclues socialement, voire exilées de leur maison ; leur santé est mise en danger et à la puberté, beaucoup arrêtent leur scolarité.

Partout dans le monde, mais ici aussi

En France aussi, cette période peut être encore mal vécue par les jeunes filles et les femmes. Douleurs, manque d’accès à des protections périodiques, mais aussi et tout simplement gêne : autant de raisons qui peuvent empêcher de mener une vie sociale, scolaire ou professionnelle normale et causer un absentéisme subi, qui peut avoir d’autres conséquences.

Petit inventaire des mythes et idées reçues

Les anglais, les coquelicots, les ragnagnas, les oursins, les histoires, les périodes… affublées de petits noms depuis la nuit des temps, les règles font l’objet de nombreuses croyances selon les cultures, plus ou moins drôles et qui peuvent surtout avoir des impacts sur la vie des femmes et sur leur liberté.

Découvrez-les !

 

Et tout le monde s’en fout #35 – Les règles

La précarité menstruelle désigne la difficulté à se procurer des produits d’hygiène intime de première nécessité et donc à vivre dignement ses règles. Certaines personnes victimes de précarité menstruelle n’ont pas accès à suffisamment de protections, d’autres n’y ont pas accès du tout.

Un enjeu qui concerne tout le monde

500 millions de femmes à travers le monde seraient concernées par ces difficultés chaque mois. En France, 2 millions de femmes sont touchées, en particulier les sans-abri, soit 20 % de la population féminine.

Parce que les conséquences peuvent être multiples (risques sur la santé, exclusion sociale, répercussions psychologiques et professionnelles…), la précarité menstruelle est un réel enjeu de santé et de dignité, mais aussi de solidarité et d’égalité des chances.

Découvrez le témoignage d’une étudiante ainsi que celui d’une femme sans domicile fixe.

Combien ça coûte en réalité ?

L’industrie des protections périodiques se porte bien puisqu’elle pèse plus de 20 milliards de dollars à travers le monde.

À l’autre bout de la chaîne, des millions de femmes n’ont pas les moyens d’accéder à des protections élémentaires pour des raisons économiques.

Calculez le coût de vos protections hygiéniques grâce à la calculette développée par la BBC.

Ce coût ne reflète pas complètement la réalité, car il ne prend pas en compte les dépenses médicales (consultations, traitements…), le linge souillé…

La précarité menstruelle, ça s’arrête quand ?

  • 1
    étudiant·e sur 10 fabrique ses protections pour des raisons financières
  • 1
    sur 20 utilise du papier toilette
  • 3800
    C’est le coût moyen des protections dans la vie d’une femme

En Bretagne comme ailleurs, la précarité menstruelle est une réalité qui concerne des femmes et des jeunes filles. La Région s’en empare comme un enjeu d’égalité des chances pour toutes et tous.

Elle a ainsi voté la mise en place de distributeurs de protections périodiques gratuites dans tous les lycées publics bretons, ainsi que dans les lycées privés qui souhaitent rejoindre le mouvement.

Les distributeurs, installés dans des lieux stratégiques au sein des établissements, seront alimentés en permanence.

Une initiative encouragée par le CRJ

L’idée fait son chemin depuis quelques années déjà. La Région a d’abord mené une expérimentation au sein d’une quinzaine de lycées, expérimentation qui a été très favorablement accueillie et a atteint ses objectifs. De son côté, le Conseil régional des jeunes (CRJ), très engagé sur les questions d’égalité, a incité la collectivité à généraliser rapidement le dispositif, pour que tout∙e∙s les lycéen∙ne∙s puissent en bénéficier. Une recommandation que la Région a suivie en 2021, en votant le budget nécessaire à cette opération de grande ampleur.

Des protections saines et durables

La Région n’est pas seule dans cette aventure. Elle s’appuie sur la société Marguerite et Compagnie qui, en tant que partenaire, apporte son expertise et fournit le matériel et les protections. Basée à Lesconil (29), cette entreprise bretonne est pionnière dans son domaine et équipe déjà de nombreux établissements et entreprises en France.

Pour répondre aux engagements de la Région, les protections hygiéniques proposées par Marguerite et Cie sont saines, sans plastique et biodégradables. Outre le respect de l’environnement, ce choix a vocation à préserver la santé des utilisatrices et utilisateurs, en évitant notamment les produits contenant différentes substances chimiques (chlore, pesticides, colorants ou parfum).

L’initiative a également comme objectif de permettre au jeune public de changer régulièrement de protections afin d’éviter le syndrome du choc toxique, encore méconnu, mais potentiellement très dangereux.

Tout savoir sur les tampons et les serviettes distribués dans les lycées bretons.

Bientôt dans votre lycée !

L’installation des distributeurs a démarré en mars 2022. Ouvrez l’œil ! Des affiches vous signalent leurs emplacements. Et si vous ne les trouvez pas, n’hésitez pas à vous rapprocher de la vie scolaire de votre établissement.

Prix Ecovisionnaires 2021, la société Marguerite & Cie mise à l’honneur

  • 1M€
    consacrés par la Région à cette opération
  • 115
    lycées publics bientôt tous équipés
  • 260
    distributeurs bientôt installés

C’est quoi, les règles ?

 

Les douleurs et gênes menstruelles

 

Endométriose :

 

Mythes et tabous autour des règles

 

La précarité menstruelle

 

Associations et initiatives :

 

Supports pédagogiques et de sensibilisation

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