Premières Assises du gallo
Comment co-construire une politique linguistique gallèse ?

Une politique linguistique régionale renforcée pour développer la langue gallèse se co-construira autour de plusieurs thèmes : le 19 novembre dernier à Rennes, les premières Assises du gallo ont permis d'amorcer la réflexion et de décerner les 5 «Prix 2016 du gallo».


Thomas Crabot

Considéré en danger par l'Unesco, le gallo reste à ce jour un vecteur de lien social et culturel. Pas moins de 65 associations font vivre la langue gallese et 125 structures (entreprises, medias, collectivites, artistes, associations, structures de formation...) l’utilisent dans leur communication. La Région l'a reconnu dès 2004 comme une langue de Bretagne et a soutenu les associations oeuvrant en sa faveur. Elle souhaite aujourd'hui « aller plus loin et fixer des priorités à court, moyen et long terme ».  

Quatre priorités

Quatre ateliers participatifs ont alimenté la réflexion sur les priorités d'actions à donner à cette politique linguistique renforcée en faveur du gallo, qui soumise au  vote du conseil régional courant 2017 :

  • Le gallo, l'enseignement et la formation (animé par Virginie Malle, Maisons Familiales Rurales)
  • Le gallo et la sphère publique/sphère privee (animé par Laurent Michel, Communauté de Communes Hardouinais-Méné)
  • Le gallo et les médias, anime par Anna Quéré, journaliste
  • Le gallo et la creation artistique (animé par Jean-Francois Bertrand, Conseil culturel de Bretagne)

Les 5 lauréats des «Priz du galo» 2016

Les 6e Priz du galo/Prix du gallo 2016 (organisés depuis 2011 par l'association Bertegn Galezz avec le soutien de la Region) ont été décernés à cette occasion. Ils récompensent chaque annee des acteurs ou actions favorisant le gallo, dans 3 catégories (850 a 1 500 €) :

Structures : associations, entreprises ou collectivites locales

  • 1er : Helene Coudray de Miron-Mirette, micro-entreprise de creation graphique et production d’objets supports de message en gallo : autocollants, T-shirts…
  • 2e : Confédération Kendalc’h pour l’usage du gallo dans la signalétique de son nouveau siège a Auray et dans sa communication (site internet)

Réalisations : créations culturelles, études linguistiques…

  • 1er : Runje, e-revue hebdomadaire en gallo
  • 2e : ChubEndret par Chubri, mise en ligne de travaux d’enquêtes sur la toponymie gallèse.

Personnalité gallophone de l’année

  • Patrik Deriano, militant engagé pour la defense du gallo, auteur, chercheur et chroniqueur.

La Région Bretagne encourage le gallo

La Région a mené ou mène déjà un certain nombre d'actions en faveur de la langue gallèse :

  • Mise en place d’une signalétique trilingue (francais, breton, gallo) dans les bâtiments de la Region
  • Lancement des «Prix du Gallo» en 2011 et de la «Semaine du breton et du gallo» tous les ans au printemps
  • Présentation d'une charte du gallo de 21 preconisations et du label«dam Yan, dam Ver» («du gallo, j'en veux») par le Conseil culturel, en avril 2015
  • Prise en compte par le rectorat d'académie des attentes de la Region liant l’Etat, le Conseil regional et les universités, conformément à la convention spécifique des langues regionales (2015-2020) .

Le gallo, langue romane de la Bretagne à transmettre

Langue romane issue d’une évolution locale du latin populaire implanté après la conquête romaine, le gallo fait partie de l’ensemble des langues d’oil (comme le picard, le poitevin… et le francais).

Il est traditionnellement parlé dans la partie Est de la Bretagne, dite Haute-Bretagne ou pays gallo. Cette langue est aujourd'hui en danger en raison d'une population gallesante vieillissante.

D’apres un sondage de 2014, 200 000 personnes parlent le gallo (5 % des Bretons habitant la Bretagne historique) et 400 000 le comprennent (8 % de la population). Le ministere de l’Education nationale a reconnu le gallo comme langue regionale, dotée d'un enseignement en collèges et lycées et d'une épreuve facultative au baccalauréat.