Le prix Allemagne classes Critiques étrangères : Caroline Siebert

Elève au lycée Romain Rolland de Dresde

Pour «Il était une ville» de Thmas B. Reverdy

 

L’étrange charme de la ville mourante


Il était une fois un jeune homme qui fut envoyé à un endroit que d’autres quittent, qu’ils fuient. Là, il fut confronté à des épreuves et à des mystères. Et il connut sa princesse. C’est Eugène, jeune ingénieur français que son entreprise d’automobile envoie à Detroit aux États-Unis pour qu’il s’occupe d’un projet de construction d’une nouvelle voiture. Tâche difficile à Detroit où la plupart des entreprises et des commerces ont déjà fait faillite, où les quartiers se délabrent et les gens perdent de plus en plus l’espoir. Mais Eugène essaye de comprendre cette ville bizarre. Il se mêle aux gens et fait la connaissance d’une femme qui lui donne de l’espoir, une vertu rare à Detroit.

Là, des bandes de gamins traînent dans les rues à la recherche de perspectives qu’on trouve à peine dans la ville. Parmi eux, Charlie, un garçon d’environ treize ans vit avec sa grand-mère Georgia, pour laquelle il est tout. Sa vie s’effondre quand son petit-fils disparaît un jour. Mais où trouver le petit qui a le même sort que tant d’autres garçons que la police de Detroit n’arrive pas à trouver ?

Avec « Il était une ville », Thomas B. Reverdy nous emmène dans l’univers de la ville de Detroit qui, à l’époque, était le centre de l’industrie de l’automobile. Aujourd’hui elle ne l’est plus et elle n’a même pas un centre de ville, puisque les commerces, ainsi que les habitants ont quitté la ville. C’est donc dans des rues et des quartiers entiers désertés que l’action se déroule. La grisaille domine le tableau de la ville et l’auteur arrive à le peindre d’une telle manière qu’on croit pouvoir voir ces ruines, ces rues désertées. À ce tableau un peu déprimant s’ajoute le froid d’hiver qui renforce la tristesse régnant à Detroit. Encore une fois, on a l’impression de sentir le froid qui surgit des pages où des plaines interminables couvertes de neige autour de la ville sont décrites. Le tableau de Detroit se compose de différentes narrations, de différentes perspectives, par exemple d’Eugène, de Charlie ou sa grand-mère. Les histoires ne sont pas toutes liées au premier regard, ce qu’elles ont toutes en commun c’est la ville de Detroit, presque un personnage autonome. La description de cette dernière prend beaucoup d’espace, ce qui peut fatiguer un peu.

Quelquefois, la narration de l’auteur peut sembler à peu près aussi grise et ennuyante que la ville elle-même. Par exemple quand la description des rues est encore répétée. « Il était une ville » est un roman calme. Un roman avec une histoire sans grandes surprises ou moments de suspense extrême. Mais c’est une histoire qui est marquée par ces détails semblant insignifiants au premier regard et un peu d’espoir au milieu des buildings abandonnés. Recommandé pour une lecture pas trop difficile pour des après-midis en hiver quand il fait vraiment froid dehors.